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Analyse de l'hormone lutéinisante (LH) : valeurs normales, haute et basse

Ce que signifient une LH haute et basse : valeurs normales selon le sexe et la phase du cycle, causes de la ménopause et du SOPK aux problèmes hypophysaires, examens à associer et quand s'inquiéter.

Ce que montre l’analyse de LH

L’hormone lutéinisante (LH) n’est fabriquée ni par les ovaires ni par les testicules. L’hypophyse la libère de façon pulsatile, sur ordre de l’hypothalamus, pour dire aux gonades ce qu’elles doivent faire : elle est donc le pivot du bilan des hormones de la reproduction, comme l’explique MedlinePlus.

Ce que fait la LH dépend du sexe. Chez la femme, un pic de LH brusque au milieu du cycle déclenche l’ovulation et forme le corps jaune qui fabrique la progestérone — le pic que les tests d’ovulation à domicile détectent dans les urines, d’après StatPearls. Chez l’homme, la LH pousse les cellules de Leydig des testicules à fabriquer la testostérone.

La LH se dose presque toujours avec la FSH, l’autre gonadotrophine hypophysaire. Ensemble, elles localisent le problème : une LH et une FSH élevées signifient que les gonades sont défaillantes — l’hypophyse crie sans obtenir de réponse —, tandis que des valeurs basses ou faussement normales orientent vers l’hypophyse ou l’hypothalamus situés au-dessus.

Valeurs normales de la LH

La LH est exprimée en mIU/mL, numériquement identique à l’unité SI IU/L (1 mIU/mL = 1 IU/L) : les comptes rendus américains et internationaux utilisent donc les mêmes chiffres. Chez la femme, le taux oscille tout au long du cycle menstruel, si bien que la phase compte autant que la valeur :

GroupeOrientation, mIU/mL (= IU/L)
Hommes (adultes)~1,5–9,5
Femmes, phase folliculaire (jours 2–5)~2–12
Femmes, pic du milieu du cycle (ovulation)~15–90
Femmes, phase lutéale~0,5–16
Femmes, après la ménopause~15–55
Enfants, avant la puberté<0,5 — très basse jusqu’à la puberté

Le chiffre du milieu du cycle est un pic bref, pas un taux de repos : les valeurs de référence sont donc prélevées tôt (jours 2–5). Les plages dépendent du laboratoire, de la technique, du sexe, de l’âge et — chez la femme — du jour du cycle : interprétez la vôtre avec votre propre compte rendu.

Pourquoi la LH est élevée

Une LH élevée signifie en général que les gonades ne répondent pas : l’hypophyse monte donc le signal. Par ordre de fréquence :

  • Ménopause : de loin la plus fréquente. À mesure que les ovaires s’éteignent, les œstrogènes chutent, leur frein de rétrocontrôle disparaît, et la LH et la FSH montent et restent élevées, comme le note StatPearls — attendu, ce n’est pas une maladie.
  • Insuffisance ovarienne primitive (IOP) : les mêmes LH et FSH élevées avec un estradiol bas, mais avant 40 ans et avec des règles absentes ou irrégulières — syndrome de Turner, prémutation de l’X fragile, maladie auto-immune, traitement anticancéreux.
  • Insuffisance testiculaire primaire (homme) : une LH élevée avec une testostérone basse désigne les testicules, pas l’hypophyse (syndrome de Klinefelter, orchite ourlienne, traumatisme ou chimiothérapie). L’Endocrine Society recommande de doser la LH et la FSH pour la distinguer d’une cause hypophysaire.
  • SOPK (syndrome des ovaires polykystiques) : la LH est souvent légèrement élevée, parfois de façon disproportionnée par rapport à la FSH — variable, et non utilisée seule pour poser le diagnostic.
  • Puberté précoce centrale : une LH qui s’élève tôt chez un jeune enfant ; rarement, une tumeur hypophysaire sécrétant des gonadotrophines.

Une LH élevée est rarement une urgence : elle signale un état — comme la ménopause ou une défaillance gonadique — à confirmer et à prendre en charge. Mais une puberté précoce chez un jeune enfant impose une évaluation rapide.

Pourquoi la LH est basse

Une LH basse — ou faussement normale — à côté d’hormones sexuelles basses oriente au-dessus des gonades, vers l’hypophyse ou l’hypothalamus : un hypogonadisme secondaire (hypogonadotrope). Plusieurs causes sont réversibles :

  • Suppression hypothalamique fonctionnelle : un poids corporel faible, un trouble du comportement alimentaire, un entraînement d’endurance intense ou un stress majeur coupent les impulsions de GnRH qui commandent la LH ; une cause majeure d’absence de règles chez la femme jeune et de testostérone basse chez l’homme mince qui s’entraîne dur.
  • Hormones et médicaments exogènes : l’usage de testostérone ou de stéroïdes anabolisants met la LH à l’arrêt (une cause fréquente, souvent tue, chez l’homme), tout comme les opioïdes et les corticoïdes à forte dose ; la pilule combinée supprime la LH par principe.
  • Prolactine élevée : un prolactinome, certains médicaments ou une hypothyroïdie augmentent la prolactine, qui supprime la LH — une cause traitable qu’il vaut la peine d’écarter.
  • Maladie hypophysaire ou hypothalamique : un adénome, un syndrome de Sheehan, une chirurgie ou une radiothérapie, ou un déficit congénital en GnRH (syndrome de Kallmann, avec une baisse de l’odorat), qui met les gonadotrophines hors service, parfois sous la forme d’une puberté absente ou retardée.

Une LH basse avec des hormones sexuelles basses, accompagnée de maux de tête ou de troubles visuels, évoque une masse hypophysaire ; l’Endocrine Society recommande une IRM quand l’hypogonadisme secondaire est sévère ou la prolactine élevée.

Quels examens associer

La LH se lit comme un profil, jamais seule :

  • FSH : la partenaire inséparable qui localise le problème.
  • Estradiol (femmes) avec la testostérone et la testostérone libre (hommes) : les hormones sexuelles auxquelles la LH est comparée — basses à côté d’une LH élevée, elles signent une défaillance gonadique ; basses à côté d’une LH basse ou normale, une cause hypophysaire.
  • Progestérone : confirme que l’ovulation a suivi le pic.
  • Prolactine : une prolactine élevée supprime la LH, une cause réversible fréquente de valeurs basses.
  • AMH, 17-OH-progestérone, DHEAS et SHBG : la réserve ovarienne et le bilan de l’excès d’androgènes dans les tableaux de type SOPK.
  • hCG : écarte une grossesse derrière une absence de règles ; sa structure imite celle de la LH.
  • TSH et T4 libre : une maladie thyroïdienne perturbe les cycles et peut élever la prolactine.

Que faire en cas de résultat anormal

  1. Ne vous automédiquez pas. Ne commencez pas de testostérone, de « boosters hormonaux » ni de compléments pour déplacer un chiffre : la testostérone et les anabolisants suppriment la LH et nuisent à la fertilité.
  2. Attention au moment. Chez la femme réglée, la LH suit le jour du cycle — un pic au milieu du cycle est normal —, si bien qu’une valeur élevée isolée n’est souvent que l’ovulation ; recontrôlez vers les jours 2 à 5. La biotine à forte dose fausse le dosage : arrêtez-la deux jours avant.
  3. Lisez le profil. La LH s’interprète avec la FSH plus l’estradiol (femmes) ou la testostérone (hommes) : élevée à côté d’hormones sexuelles basses, elle oriente vers les gonades ; basse ou normale, vers l’hypophyse ou l’hypothalamus (où interviennent la prolactine et l’IRM).
  4. Qui consulter. Commencez par votre médecin traitant ou généraliste, qui mène le bilan d’une aménorrhée ou d’une testostérone basse et adresse à un endocrinologue, un gynécologue ou un spécialiste de la fertilité selon les besoins.

Questions fréquentes

Que signifie une LH élevée ?

Chez la femme, le plus souvent la ménopause — ou, avant 40 ans, une insuffisance ovarienne primitive ; chez l’homme, des testicules défaillants (hypogonadisme primaire). Une LH élevée signifie que l’hypophyse travaille dur parce que les gonades ne répondent pas.

Que signifie une LH basse ?

Une LH basse — ou faussement normale — avec des hormones sexuelles basses oriente vers l’hypothalamus ou l’hypophyse, pas vers les gonades : stress, poids corporel très faible, exercice intense, prolactine élevée, usage de stéroïdes anabolisants ou problème hypophysaire. C’est un hypogonadisme secondaire (hypogonadotrope).

Pourquoi la LH et la FSH sont-elles presque toujours dosées ensemble ?

Ce sont deux gonadotrophines hypophysaires dont le profil en dit plus que chacune isolément : une LH et une FSH élevées orientent vers les gonades ; des valeurs basses ou normales, vers l’hypophyse ou l’hypothalamus ; et l’équilibre entre la LH et la FSH ajoute du contexte dans le SOPK.

La LH confirme-t-elle l’ovulation ou la ménopause ?

Un pic de LH au milieu du cycle déclenche l’ovulation — le signal que les tests d’ovulation à domicile détectent dans les urines. Une LH et une FSH durablement élevées, avec un estradiol bas et sans règles, correspondent à la ménopause, même si celle-ci se diagnostique cliniquement, pas sur une seule prise de sang.

À quel moment du cycle faut-il doser la LH ?

Pour une valeur de référence, on la prélève en général en début de cycle, vers les jours 2 à 5, quand les taux sont stables. Le moment compte, car la LH présente un pic très marqué au milieu du cycle : une valeur élevée isolée peut n’être que le pic ovulatoire, et non un problème.

Sources