Glossaire en langage clair

Glossaire des analyses de laboratoire

Définitions en langage clair de 40 termes que vous croiserez sur un compte rendu de laboratoire : de l'intervalle de référence à la sensibilité, au sérum, au titre et au marqueur tumoral.

Un compte rendu de laboratoire est truffé d'abréviations : intervalles, rapports, noms de méthodes et sigles qui viennent rarement avec une explication. Ce glossaire définit 40 des termes que vous avez le plus de chances de croiser sur une feuille de résultats ou une ordonnance, en langage clair et sans jargon. C'est une lecture d'appoint pour vous aider à suivre l'échange avec votre médecin, pas un substitut : interprétez toujours vos résultats avec le professionnel qui les a prescrits.

A

Analyte

La substance précise qu'un test mesure dans votre échantillon : glucose, cholestérol, une hormone ou un anticorps. Quand un compte rendu indique un résultat, l'analyte est ce qui est compté ou dosé. Un même tube de sang permet de mesurer de nombreux analytes différents, chacun avec sa propre méthode, ses unités et son intervalle de référence.

Auto-anticorps

Un anticorps qui, par erreur, s'attaque aux propres tissus de l'organisme au lieu des microbes. On dose les auto-anticorps pour explorer les maladies auto-immunes : par exemple les anticorps anti-CCP dans la polyarthrite rhumatoïde ou les anticorps anti-TPO dans les maladies thyroïdiennes. Leur présence appuie un diagnostic, mais s'interprète avec les symptômes, car certaines personnes en bonne santé en ont de faibles taux.

B

Bilan (panel)

Un groupe d'examens prescrits ensemble parce qu'ils éclairent un même système ou une même question : un bilan lipidique, un bilan thyroïdien, un bilan métabolique. Regrouper des marqueurs liés donne une image plus complète qu'un seul chiffre et revient souvent moins cher que de prescrire chaque test isolément. Chaque résultat reste ensuite lu un par un.

Biologie délocalisée

Des examens réalisés au chevet du patient, au cabinet ou à domicile plutôt qu'envoyés à un laboratoire central : une glycémie capillaire ou un test rapide d'angine, par exemple. On y gagne en rapidité et en commodité au prix d'une certaine précision. Les résultats qui orientent des décisions importantes sont souvent confirmés ensuite par une méthode de laboratoire standard.

Biomarqueur

Tout signal biologique mesurable —dans le sang, l'urine ou un tissu— qui reflète un processus normal, une maladie ou la réponse à un traitement. La CRP (protéine C réactive) comme marqueur d'inflammation en est un exemple connu. Le terme est large : un biomarqueur peut être une molécule, un décompte de cellules ou une caractéristique génétique.

D

Demi-vie

Le temps nécessaire pour que le taux d'une substance dans le sang diminue de moitié. La demi-vie explique combien de temps un médicament, une hormone ou un marqueur persiste, et quand un examen de contrôle reflétera un vrai changement. Un marqueur à demi-vie courte répond vite au traitement ; un marqueur à demi-vie longue évolue lentement.

DFG estimé (DFGe)

Le débit de filtration glomérulaire estimé : un calcul de la capacité de vos reins à filtrer le sang, établi à partir de la créatinine, de l'âge et du sexe. Exprimé en mL/min, c'est le chiffre principal pour classer la fonction rénale. Comme il s'agit d'une estimation, le DFGe se lit comme une tendance et non comme une valeur exacte.

Dosage

La procédure de laboratoire utilisée pour détecter ou mesurer un analyte — en pratique, la méthode du test elle-même. Différents dosages peuvent mesurer la même substance avec une chimie, une sensibilité et des unités différentes, ce qui explique que les résultats varient parfois d'un laboratoire à l'autre. Quand un compte rendu nomme une méthode, il décrit le dosage derrière le chiffre.

E

ELISA

Un type d'immunodosage très répandu qui utilise des anticorps couplés à une enzyme et produit un changement de couleur pour détecter ou mesurer une substance. La technique ELISA est à la base de nombreux tests d'anticorps et d'antigènes, des infections aux hormones. Un ELISA de dépistage positif est souvent confirmé par une seconde méthode plus spécifique avant d'être considéré comme définitif.

F

Faux négatif

Un résultat qui dit « non » alors que la maladie est en réalité présente. Les faux négatifs peuvent survenir si l'échantillon est prélevé trop tôt, si les taux sont sous le seuil de détection ou si la méthode passe simplement à côté de certains cas. C'est pourquoi un seul résultat normal ne suffit pas toujours à écarter une maladie, surtout en cas de forte suspicion.

Faux positif

Un résultat qui dit « oui » alors que la maladie est en réalité absente. Comme aucun test n'est parfait, les faux positifs augmentent quand une maladie est rare ou quand le seuil de dépistage est volontairement sensible. Un dépistage positif est souvent recontrôlé par un test de confirmation plus spécifique avant tout diagnostic.

Formule leucocytaire

La partie de l'hémogramme qui répartit les globules blancs par types —neutrophiles, lymphocytes, monocytes, éosinophiles et basophiles— en pourcentages et en valeurs absolues. Le profil aide à distinguer, par exemple, une infection bactérienne d'une infection virale ou une réaction allergique. Elle est généralement rendue avec l'hémogramme complet.

H

Hémogramme (NFS)

L'un des examens sanguins les plus courants ; il compte les cellules qui circulent dans le sang : globules rouges, globules blancs et plaquettes, ainsi que des valeurs comme l'hémoglobine et l'hématocrite. À partir d'un seul échantillon, il dépiste anémie, infection et troubles de la coagulation. Beaucoup d'hémogrammes incluent aussi la formule leucocytaire.

Hémolyse

L'éclatement des globules rouges, qui déverse leur contenu dans l'échantillon. Elle peut se produire dans l'organisme ou, plus souvent, lors d'un prélèvement difficile ou d'une manipulation brusque. L'hémolyse peut faussement augmenter des marqueurs comme le potassium et imposer un nouveau prélèvement ; c'est pourquoi le laboratoire signale un échantillon hémolysé.

I

Ictère

Une teinte jaune, riche en bilirubine, dans un échantillon de sang : l'équivalent au laboratoire de la jaunisse visible sur la peau. Un échantillon très ictérique signale une bilirubine élevée et peut fausser certaines mesures. Le laboratoire le signale car il évoque à la fois un problème hépatique ou des globules rouges et peut altérer l'exactitude d'autres résultats.

Immunodosage

Un test qui utilise des anticorps pour détecter et mesurer une cible précise : une hormone, une protéine, un médicament ou un marqueur d'infection. Comme les anticorps se lient fortement à leur cible, les immunodosages détectent de très petites quantités, ce qui en fait l'outil de base pour doser hormones et anticorps. L'ELISA en est un format courant. Le résultat dépend des anticorps et de l'étalonnage utilisés.

Intervalle de référence

La plage de valeurs observée chez la plupart des personnes en bonne santé, imprimée à côté de votre résultat comme intervalle « normal ». Elle est en général bâtie sur les 95 % centraux, si bien que quelques personnes saines en sortent naturellement. L'intervalle varie selon le laboratoire, la méthode, l'âge et le sexe : lisez donc votre résultat par rapport à l'intervalle de votre propre compte rendu.

Intervalle optimal

Une plage plus étroite, souvent mise en avant dans le domaine du bien-être, présentée comme les valeurs « idéales » plutôt que simplement acceptables. Contrairement à l'intervalle de référence, les intervalles optimaux ne sont pas normalisés et varient d'une source à l'autre. À prendre avec prudence : un résultat dans l'intervalle de référence du laboratoire est généralement considéré comme normal, sauf avis contraire de votre médecin.

L

Lipémie

Un aspect laiteux et chargé de graisses dans un échantillon de sang, le plus souvent dû à des triglycérides élevés après un repas gras récent ou dans certaines maladies métaboliques. Comme l'hémolyse et l'ictère, la lipémie peut fausser les mesures de laboratoire et biaiser certains résultats. C'est une raison fréquente pour redemander un échantillon à jeun.

M

Marqueur tumoral

Une substance, souvent une protéine, qui peut augmenter avec certains cancers et se dose dans le sang ; parmi les exemples, le PSA et le CEA. Les taux peuvent aussi monter pour des raisons bénignes : les marqueurs tumoraux servent donc surtout à surveiller une maladie connue ou à compléter d'autres tests, pas à diagnostiquer un cancer à eux seuls.

Monoclonal

Issu d'un seul clone de cellules, donc identique dans sa structure. Une bande monoclonale de protéine d'anticorps dans le sang peut être un indice de certaines maladies du sang et fait l'objet d'explorations complémentaires. Le même mot désigne les « anticorps monoclonaux » fabriqués en laboratoire, utilisés comme médicaments et comme réactifs de liaison dans de nombreux tests diagnostiques.

O

Osmolalité

Une mesure de la concentration d'un liquide : le nombre de particules dissoutes dans le sang ou les urines. Elle reflète l'équilibre de l'eau et la capacité des reins à concentrer les urines. Le médecin l'utilise pour explorer les troubles du sodium, la déshydratation et certains problèmes hormonaux, souvent en comparant les valeurs du sang et des urines.

P

PCR (réaction de polymérisation en chaîne)

Sigle de réaction de polymérisation en chaîne, une méthode qui copie de minuscules quantités de matériel génétique des millions de fois pour pouvoir le détecter. En diagnostic, la PCR retrouve l'ADN ou l'ARN d'un virus ou d'une bactérie avec une grande sensibilité, ce qui confirme de nombreuses infections. Elle détecte la signature génétique du microbe, et non votre réponse en anticorps.

Plasma

La partie liquide du sang, débarrassée des cellules mais conservant les protéines de la coagulation ; on l'obtient en centrifugeant un échantillon prélevé dans un tube avec anticoagulant. Certains tests exigent du plasma plutôt que du sérum. La couleur du tube de prélèvement indique lequel chaque test requiert, car les deux ne sont pas toujours interchangeables.

Polyclonal

Issu de nombreux clones de cellules différents, donc varié dans sa structure. Une élévation polyclonale des anticorps est la réponse habituelle et attendue à une infection ou une inflammation, et reflète en général un système immunitaire sain qui réagit — à la différence d'un profil monoclonal, issu d'un seul clone et exploré autrement.

Prélèvement à jeun

Du sang prélevé après une période sans manger, en général de 8 à 12 heures, l'eau étant autorisée. Le jeûne stabilise les valeurs que l'alimentation modifie vite, comme le glucose et les triglycérides, et rend les résultats comparables. Suivez toujours les consignes précises de votre ordonnance, car tous les tests ne nécessitent pas d'être à jeun.

R

Résultat limite

Une valeur qui se situe juste en dehors de l'intervalle de référence, ou pile sur un seuil de décision, sans être franchement anormale. Les résultats limites sont fréquents et, à eux seuls, signifient rarement une maladie. Le médecin répète en général le test, examine la tendance ou vérifie des marqueurs liés plutôt que d'agir sur un unique chiffre presque normal.

S

Sang total

Un échantillon conservé complet, avec les cellules et le liquide ensemble et rien de séparé. Certains tests —un hémogramme ou une HbA1c, par exemple— nécessitent du sang total : il est recueilli dans un tube qui empêche la coagulation et n'est pas centrifugé. C'est l'un des trois états principaux de l'échantillon, avec le sérum et le plasma.

Sensibilité

La capacité d'un test à repérer les personnes réellement atteintes — un test très sensible produit peu de faux négatifs. Les tests sensibles sont idéaux pour le dépistage et pour écarter une maladie, car un résultat négatif est rassurant. En contrepartie, ils peuvent signaler des personnes qui se révèlent finalement en bonne santé.

Séroconversion

Le moment où les anticorps dirigés contre un microbe précis deviennent pour la première fois détectables dans le sang, signe que le système immunitaire a répondu à une infection ou à une vaccination. Tester avant la séroconversion peut manquer les anticorps et donner un faux négatif. C'est pourquoi certains tests d'anticorps sont répétés après un délai.

Sérum

Le liquide clair qui subsiste après la coagulation du sang et le retrait du caillot : c'est le plasma privé des protéines de la coagulation. De nombreux dosages de biochimie courants se font sur sérum, recueilli dans un tube sec ou avec gel. Il diffère du plasma : le tube et la manipulation sont donc choisis selon ce dont chaque test a besoin.

Spécificité

La capacité d'un test à écarter correctement les personnes non atteintes — un test très spécifique produit peu de faux positifs. Les tests spécifiques sont utiles pour confirmer un diagnostic, car un résultat positif se trompe rarement. Le dépistage associe souvent un premier test sensible à un test de confirmation spécifique.

T

Test qualitatif

Un test qui donne une réponse oui/non ou présent/absent plutôt qu'un chiffre — par exemple un test de grossesse affichant « positif ». Les résultats qualitatifs sont rapides et faciles à interpréter, mais ne mesurent aucune quantité. Quand la quantité compte, on utilise à la place une version quantitative du même test.

Test quantitatif

Un test qui renvoie un chiffre réel —une concentration, un décompte ou un rapport—, comme un glucose à 5,3 mmol/L. Les résultats quantitatifs permettent au médecin de juger à quel point une valeur est haute ou basse, d'en suivre l'évolution dans le temps et de la comparer à un intervalle de référence, ce qu'un simple positif/négatif ne permet pas.

Titre

Un résultat exprimé par le degré de dilution jusqu'auquel un échantillon reste positif ; il est rendu sous forme de rapport, par exemple 1:160. Plus le titre est élevé, plus la substance —souvent un anticorps— est présente en quantité. Les titres servent à évaluer les réponses immunitaires et à suivre si un taux monte ou baisse au fil du temps.

Trou anionique

Un nombre calculé, et non mesuré directement, à partir du sodium, du chlore et du bicarbonate d'un bilan métabolique. Il estime l'équilibre des particules chargées dans le sang et aide le médecin à cerner la cause d'une accumulation d'acide (acidose). Un trou anionique élevé peut orienter vers un diabète déséquilibré ou une maladie rénale.

V

Valeur critique

Un résultat si éloigné de la normale qu'il peut signaler un danger immédiat et conduit le laboratoire à téléphoner aussitôt au médecin, de jour comme de nuit. Un potassium très élevé ou un glucose très bas en sont des exemples. Les valeurs critiques relèvent de l'urgence, non du diagnostic final : elles déclenchent une revue et une action rapides.

Valeur de base

Votre résultat individuel et normal lorsque vous allez bien, qui sert de repère personnel pour les examens futurs. Comparer une nouvelle valeur à votre propre valeur de base peut révéler un changement significatif même si les deux chiffres restent dans l'intervalle de référence de la population. Cela compte surtout pour les marqueurs suivis dans le temps, comme les marqueurs tumoraux ou la fonction rénale.

Valeur seuil

Le seuil qu'un test utilise pour séparer un « positif » d'un « négatif », ou le normal de l'anormal. L'endroit où l'on place ce seuil implique un compromis : un seuil plus bas capte davantage de vrais cas, mais produit plus de faux positifs. Connaître la valeur seuil explique pourquoi un résultat juste au-dessus ou en dessous est interprété avec prudence.

VS

La vitesse de sédimentation mesure la rapidité avec laquelle les globules rouges se déposent au fond d'un tube en une heure. Une vitesse plus élevée est un signe non spécifique d'inflammation. La VS est simple et peu coûteuse, mais n'est spécifique d'aucune maladie précise : on l'interprète avec les symptômes et des marqueurs comme la CRP.