Ce que montre l’analyse d’antithrombine III
L’antithrombine III — aujourd’hui le plus souvent abrégée en antithrombine (AT) — est l’un des anticoagulants naturels de l’organisme : une protéine du foie qui désactive les enzymes de la coagulation thrombine (facteur IIa) et facteur Xa, et fournit l’essentiel du frein du plasma sur la coagulation. L’héparine accélère fortement son action, et c’est ainsi que l’héparine fluidifie le sang (voir plus bas). D’après StatPearls, l’antithrombine est une serpine et, contrairement aux facteurs derrière le TP/INR, elle ne dépend pas de la vitamine K.
Cela en fait l’image inversée des autres examens de la coagulation. Le temps de prothrombine (TP/INR), le TCA et le temps de thrombine chronomètrent la vitesse de coagulation du sang et signalent une tendance à saigner. L’antithrombine mesure un anticoagulant naturel : un résultat bas signale donc l’inverse — une tendance à coaguler (thrombophilie). Elle est prescrite surtout pour explorer des caillots veineux inexpliqués — thrombose veineuse profonde (TVP) ou embolie pulmonaire (EP) — le plus souvent dans le cadre d’un bilan de thrombophilie.
Le dosage d’activité (fonctionnel) comme le dosage antigénique s’expriment en pourcentage de la normale. On mesure d’abord l’activité, qui montre si l’antithrombine présente fonctionne ; si elle est basse, le dosage antigénique indique la quantité de protéine présente — ce qui distingue un manque de protéine normale d’une quantité normale de protéine défectueuse. MedlinePlus indique qu’un résultat bas signifie que le sang coagule plus facilement qu’il ne le devrait.
Valeurs normales de l’antithrombine III
L’antithrombine est exprimée en pourcentage d’un plasma normal de référence, identique dans le système conventionnel et le SI, si bien que les comptes rendus américains et européens se lisent de la même façon. Repères habituels :
| Groupe | Activité de l’antithrombine, % de la normale |
|---|---|
| Adultes (hommes et femmes) | ~80–120 |
| Nouveau-nés | physiologiquement plus basse ; atteint la plage adulte vers ~6 mois |
| Grossesse, œstrogènes ou contraceptifs oraux | souvent un peu plus basse — à interpréter avec prudence |
Le sexe change peu de chose. Le déficit héréditaire hétérozygote se situe en général autour de 40–70 %, tandis que l’héparine, un caillot actif, une maladie du foie et la grossesse font tous baisser le chiffre — d’où l’importance du moment du prélèvement (plus bas). D’après Mayo Clinic Laboratories, le dosage fonctionnel est le test de dépistage de première intention à privilégier. Les valeurs de référence dépendent du laboratoire, du sexe et de l’âge : interprétez toujours votre résultat avec votre propre compte rendu.
Pourquoi l’antithrombine III est basse
Une antithrombine basse est le résultat qui compte, car elle augmente le risque de caillots veineux. De loin les causes les plus fréquentes sont acquises, non héréditaires :
- Consommation lors d’une coagulation active : une TVP ou une EP récente et surtout une coagulation intravasculaire disséminée (CIVD), un sepsis, un traumatisme majeur, des brûlures ou une circulation extracorporelle.
- Production réduite : une maladie du foie comme une cirrhose ou une insuffisance hépatique aiguë, puisque l’antithrombine y est fabriquée.
- Perte accrue : un syndrome néphrotique en fait perdre dans les urines ; une entéropathie exsudative en fait perdre par l’intestin.
- Médicaments et hormones : l’héparine la baisse modérément ; les œstrogènes, la pilule contraceptive, la grossesse et la chimiothérapie par L-asparaginase la réduisent aussi.
- Déficit héréditaire : plus rare (environ 1 sur 2000–5000), lié à un variant du gène SERPINC1, transmis sur un mode autosomique dominant. C’est la plus thrombogène des thrombophilies héréditaires, provoquant souvent des caillots avant 50 ans, d’après StatPearls. Le type I est un manque de protéine normale (activité et antigène bas) ; le type II est une quantité normale de protéine défectueuse (activité basse, antigène normal).
Quand est-ce urgent ? Une antithrombine basse avec un caillot récent, ou avec la baisse des plaquettes et du fibrinogène d’une CIVD suspectée, impose une prise en charge le jour même ; pendant la grossesse, le déficit héréditaire comporte un risque élevé de caillots et de fausse couche. Comme l’héparine agit par l’intermédiaire de l’antithrombine, un véritable déficit peut aussi provoquer une résistance à l’héparine, imposant de fortes doses ou un anticoagulant de remplacement.
Pourquoi l’antithrombine III est élevée
Une antithrombine élevée n’a pas de lien établi avec une maladie et ne nécessite aucun bilan — un résultat rassurant. De légères élévations peuvent accompagner un traitement par warfarine (antivitamine K) et, parfois, des stéroïdes anabolisants. Comme elle ne provoque pas de saignement et ne protège pas des caillots, une valeur élevée isolée n’est pas explorée ; l’intérêt de cet examen réside dans la détection des taux bas.
Quels examens associer
L’antithrombine se lit rarement seule :
- D-dimères : signalent une coagulation active et la dégradation d’un caillot ; souvent élevés à mesure que l’antithrombine est consommée.
- Fibrinogène et plaquettes : baissent en même temps que l’antithrombine dans la CIVD.
- Temps de prothrombine et INR : temps de coagulation de base et suivi de la warfarine ; évaluent aussi la synthèse hépatique.
- TCA : surveille l’héparine, qui se comporte de façon peu fiable en cas de déficit en antithrombine.
- Temps de thrombine : sensible à l’effet de l’héparine.
- Anticoagulant lupique : une autre cause de coagulation inexpliquée, dans le même bilan.
- ALAT et ASAT : vérifient la synthèse hépatique quand l’antithrombine est basse.
- Créatinine : un contrôle rénal quand on suspecte une fuite de protéines néphrotique.
Un bilan complet de thrombophilie ajoute aussi la protéine C, la protéine S, le facteur V Leiden et la mutation du gène de la prothrombine.
Que faire en cas de résultat anormal
- N’interprétez pas seul une seule valeur basse. La plupart des résultats bas sont acquis et temporaires, et non un trouble héréditaire.
- Tenez compte du moment. L’héparine, la warfarine, la grossesse, la pilule contraceptive, un caillot actif et une maladie aiguë faussent tous le résultat. Confirmer un déficit héréditaire suppose de refaire le dosage d’activité une fois rétabli et à distance de ces influences — en général plusieurs semaines après un caillot.
- Confirmez et classez. Une activité réellement basse est recontrôlée et associée à un dosage antigénique pour distinguer le type I du type II, en tenant compte de vos antécédents personnels et familiaux de caillots.
- Consultez le bon médecin. Le médecin traitant coordonne les premières étapes ; un déficit héréditaire suspecté relève d’un hématologue, et une coagulation pendant la grossesse d’un obstétricien ou d’un spécialiste de la thrombose.
- Ne commencez ni n’arrêtez jamais un anticoagulant de vous-même. Un diagnostic ne signifie pas automatiquement un traitement anticoagulant à vie — les décisions pèsent les caillots antérieurs, les antécédents familiaux et les situations à haut risque comme une chirurgie, une immobilisation ou une grossesse.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’antithrombine III et à quoi sert-elle ?
L’antithrombine III (le plus souvent simplement « antithrombine ») est un anticoagulant naturel fabriqué par le foie. Elle désactive des enzymes de la coagulation comme la thrombine et le facteur Xa ; un taux bas fait pencher l’équilibre vers la coagulation.
Quel est un taux normal d’antithrombine ?
Chez l’adulte, une activité d’environ 80–120 % de la normale. Les nouveau-nés ont des valeurs plus basses et les rattrapent vers 6 mois. Les plages varient selon le laboratoire : interprétez votre résultat avec votre propre compte rendu.
Une antithrombine basse signifie-t-elle que je vais faire un caillot ?
Pas forcément. Une antithrombine basse augmente le risque de caillots veineux (TVP, embolie pulmonaire), et le déficit héréditaire comporte le risque le plus élevé parmi les thrombophilies héréditaires — pourtant, beaucoup de personnes ayant des taux bas ne font jamais de caillot. Le risque dépend aussi des antécédents familiaux, des caillots passés et de situations comme une chirurgie ou une grossesse.
Pourquoi mon antithrombine est-elle basse si elle n’est pas héréditaire ?
Les causes acquises sont bien plus fréquentes : un caillot actif, une maladie du foie, un syndrome néphrotique (protéines perdues dans les urines), une CIVD, une chirurgie lourde, la grossesse, les œstrogènes et l’héparine la font tous baisser. C’est pourquoi une valeur basse est recontrôlée une fois rétabli.
Faut-il refaire l’examen ?
Oui. Une seule valeur basse est souvent temporaire, et l’héparine, la warfarine, la grossesse, un caillot actif et une maladie aiguë la faussent. Le déficit héréditaire se confirme en refaisant l’examen une fois rétabli et à distance de ces influences, avec les antécédents familiaux — en général auprès d’un hématologue.


