🩸 « J'ai fait mes analyses pendant mes règles » — quels résultats seront faussés et lesquels resteront fiables

« J'ai fait mes analyses pendant mes règles » — quels résultats seront faussés et lesquels resteront fiables

Analyses pendant les règles : quels résultats seront faussés et lesquels restent fiables (décryptage détaillé, sans mythes)

La situation est classique : vous avez pris rendez-vous chez le médecin deux semaines à l’avance, posé une demi-journée de congé, mis le réveil à six heures du matin pour arriver au laboratoire, et le corps vous fait la surprise — début du cycle. Ou autre scénario : vous avez fait une prise de sang, reçu des résultats inquiétants, puis vous vous êtes souvenue que c’était le troisième jour de vos règles.

Sur Internet, c’est le chaos le plus total à ce sujet. Sur certains forums, on écrit que « ces jours-là », le sang change presque de composition chimique et devient impropre au diagnostic. D’autres affirment que les appareils modernes s’en moquent. La vérité, comme souvent en biologie, se situe quelque part au milieu, mais avec un fort penchant du côté de la physiologie.

Faisons le point sérieusement. Sans histoires d’horreur sur le « sang impur » et sans désinvolture du type « ça ira bien ». Nous sommes l’équipe Wizey, et nous aimons la précision. Aujourd’hui, nous allons trier exactement comment les menstruations affectent les indicateurs de laboratoire, quand la panique est prématurée, et quand reprendre l’analyse est une nécessité absolue.

1. Que se passe-t-il dans le corps pendant les règles (du point de vue de la biochimie)

En résumé : Les menstruations ne sont pas un simple saignement local, mais un processus systémique affectant l’hémostase, l’équilibre hydro-électrolytique et le taux de protéines inflammatoires. La viscosité sanguine, le taux d’hémoglobine et la concentration de certaines hormones changent, ce qui se reflète naturellement sur la feuille de résultats.

Si nous entrons dans les détails, votre organisme en début de cycle traverse une sorte de « catastrophe contrôlée ». L’endomètre est rejeté, ce qui s’accompagne de lésions vasculaires. Pour que vous ne saigniez pas excessivement, le système de coagulation (plaquettes et fibrinogène) s’active. Parallèlement, il y a une perte de sang modérée (normalement 30 à 80 ml sur toute la période), qui peut temporairement réduire le nombre de globules rouges.

De plus, le profil hormonal change : une chute brutale de la progestérone et des œstrogènes provoque une rétention d’eau dans les tissus, mais parfois aussi dans le lit vasculaire, ce qui peut créer un effet d’hémodilution (dilution du sang). Par conséquent, quand nous examinons des analyses réalisées pendant cette période, nous voyons non pas une pathologie, mais une réaction physiologique normale au stress que représentent les menstruations. Il est essentiel de savoir distinguer cette réaction d’une véritable maladie.

2. Numération formule sanguine (NFS) : zone à risque principal

En résumé : Dans une NFS, les modifications les plus probables concernent la VS (vitesse de sédimentation), le taux de plaquettes et l’hémoglobine. La VS peut être faussement élevée, imitant une inflammation, tandis que l’hémoglobine et les plaquettes peuvent diminuer, créant un tableau d’anémie ou de troubles de la coagulation.

Pourquoi les indicateurs changent-ils ?

  1. VS (vitesse de sédimentation des érythrocytes) : C’est l’indicateur le plus sensible et le plus capricieux. Pendant les menstruations, la composition protéique du plasma change, en particulier le taux de fibrinogène augmente. Les globules rouges commencent à s’agréger plus vite et à sédimenter plus activement. Un médecin qui ne connaît pas la phase de votre cycle peut suspecter un processus inflammatoire caché qui n’existe pas en réalité.
  2. Hémoglobine et globules rouges : Il est logique qu’en cas de perte de sang, leur nombre diminue. Si vous avez des règles abondantes, le taux d’hémoglobine peut temporairement baisser. Ce n’est pas toujours une vraie anémie, mais si vous faites une prise de sang pour surveiller une carence en fer, il vaut mieux la faire au milieu du cycle, quand le volume sanguin circulant est restauré.
  3. Plaquettes : Dans les premiers jours du cycle, leur taux peut légèrement diminuer (car elles sont activement mobilisées pour arrêter le saignement dans l’utérus), puis augmenter vers la fin (réaction compensatoire). Ces fluctuations restent habituellement dans les normes, mais si vous êtes à la limite des valeurs de référence, le résultat peut être mal interprété.
  4. Leucocytes : Une légère augmentation des leucocytes est également possible en réaction au stress et à la douleur, mais elle atteint rarement des valeurs caractéristiques d’une infection bactérienne.

En résumé : La NFS peut être faite si la situation est urgente (appendicite aiguë, forte fièvre). Mais pour un bilan de santé prévu, mieux vaut attendre 5 à 7 jours après le début du cycle.

3. Analyse d’urine : pourquoi c’est presque toujours une mauvaise idée

En résumé : Il est fortement déconseillé de faire un examen d’urine pendant les menstruations en raison du risque élevé de contamination de l’échantillon par le sang menstruel et l’épithélium. Cela entraînera une détection erronée de globules rouges et de protéines, pouvant être confondus avec des signes de glomérulonéphrite ou de lithiase urinaire.

Soyons honnêtes : même avec une hygiène parfaite et l’utilisation d’un tampon, il est extrêmement difficile d’exclure totalement l’intrusion de sécrétions dans le flacon. Le technicien de laboratoire au microscope verra un nombre considérable de globules rouges. Pour lui, il n’y a aucune différence entre des globules venant des reins, de la vessie ou du vagin. Le formulaire indiquera « macrohématurie » (sang dans les urines).

De plus, du mucus et des cellules endométriales peuvent se retrouver dans l’échantillon, ce qui augmentera le taux de protéines. Résultat ? On pourrait vous prescrire des antibiotiques inutiles ou vous envoyer subir des procédures désagréables comme une cystoscopie.

Exception : Uniquement les cas d’urgence vitale, lorsque l’urine est prélevée par sonde (un acte médical, pas un geste à domicile). Dans tous les autres cas — attendez la fin complète des écoulements.

4. Biochimie, hormones et marqueurs tumoraux : où se cachent les pièges

En résumé : Les indicateurs biochimiques (foie, reins, glycémie) varient peu, mais le fer et le marqueur tumoral CA-125 peuvent donner des résultats erronés. Les hormones sexuelles sont strictement liées aux jours du cycle, et les doser « au hasard » rend l’analyse inutile et l’argent gaspillé.

Détaillons par groupes :

Groupe « Attention, erreur ! »

  • Fer sérique et ferritine : En raison de la perte de sang, les valeurs peuvent être faussement abaissées. Si vous traitez une anémie et souhaitez vérifier l’efficacité du traitement, faites l’analyse 5 à 7 jours après la fin des règles.
  • Marqueur tumoral CA-125 : C’est un marqueur du cancer de l’ovaire, mais il réagit aussi à toute irritation du péritoine et des organes pelviens. Pendant les règles, son taux augmente physiologiquement ! En voyant un CA-125 élevé ces jours-là, vous risquez de vous faire des cheveux blancs et une crise de nerfs, alors qu’en réalité vous êtes en bonne santé. Ne faites jamais doser ce marqueur pendant les menstruations.
  • Coagulogramme (hémostase) : Comme nous l’avons dit, le système d’hémostase est activé. Le temps de coagulation peut être raccourci, le fibrinogène augmenté. Cela faussera le tableau si, par exemple, vous ajustez une dose d’anticoagulants.

Groupe « Timing strict » (hormones sexuelles)

Ici, on ne peut pas dire « on ne peut pas les doser » ; ce qui compte, c’est « quand les doser ».

  • FSH, LH, prolactine, estradiol : À doser strictement en début de cycle (généralement entre le 2e et le 5e jour). C’est-à-dire justement pendant les règles. Ici, la prise de sang doit être faite, c’est une exigence du protocole.
  • Progestérone : À doser en deuxième phase (généralement entre le 19e et le 22e jour du cycle). La doser pendant les règles n’a aucun sens — elle sera au minimum, et c’est normal.

Groupe « Pas de souci, aucun impact »

  • Glucose, cholestérol, bilirubine, ALT, AST, créatinine, urée : Les menstruations ont un effet minimal sur ces indicateurs. Des fluctuations de 1 à 2 % sont possibles, sans aucune signification clinique.
  • Hormones thyroïdiennes (TSH, T3, T4) : La thyroïde vit à son propre rythme et dépend peu de la phase du cycle menstruel.
  • Infections (VIH, syphilis, hépatites) : Les virus se moquent complètement du jour de votre cycle.

5. Quand faut-il s’inquiéter : interpréter les écarts

En résumé : L’alarme doit être donnée si les anomalies persistent après la fin des règles ou si les indicateurs dépassent les fluctuations physiologiques raisonnables (par exemple, une VS supérieure à 30-40 mm/h ou une hémoglobine inférieure à 90 g/L).

Même en tenant compte de « ces jours-là », il existe des limites que l’organisme ne devrait pas franchir.

  • Hémoglobine : Une baisse de 5 à 10 unités est acceptable. Mais si elle s’effondre à 80 g/L — ce ne sont pas « juste les règles », c’est une anémie sérieuse ou un saignement nécessitant une intervention.
  • VS : Une augmentation modérée (de 5 à 10 mm/h par rapport à votre valeur habituelle) — pas de problème. Mais des chiffres de 50-60 mm/h révèlent un puissant processus inflammatoire qu’on ne peut pas attribuer à la physiologie.
  • Plaquettes : Une chute en dessous de 150 × 10⁹/L nécessite l’attention d’un hématologue, quel que soit le jour du cycle.

Si vous voyez des résultats marqués en rouge sur le formulaire, ne vous précipitez pas pour googler des diagnostics terrifiants. Rappelez-vous la date de vos dernières règles.

C’est exactement pour ces situations que nous avons créé Wizey AI. Quand vous téléchargez vos analyses, le système ne se contente pas de comparer les chiffres à un tableau. Il aide à voir la vue d’ensemble. Vous pouvez indiquer dans les commentaires ou le contexte que l’analyse a été faite en début de cycle, et lors de vos échanges ultérieurs avec le médecin, cette information aidera à filtrer les fausses alertes.

6. Que faire, étape par étape : check-list pour la patiente

En résumé : Si vous avez déjà fait vos analyses — pas de panique. Consultez la liste des analyses « interdites ». Si vous constatez des anomalies dans la NFS ou l’urine — planifiez un nouveau prélèvement dans une semaine. S’il s’agit d’hormones de première phase — tout a été fait correctement.

Voici un algorithme simple :

  1. Évaluation de la nécessité : Avant de vous rendre au laboratoire, regardez le calendrier. S’il reste 1 à 2 jours avant le début du cycle ou s’il est déjà en cours — reportez le bilan prévu (NFS, urine, fer, coagulation) d’une semaine.
  2. Si l’analyse était urgente : Informez impérativement le médecin traitant : « Docteur, l’analyse date du [date], c’était le 2e jour du cycle. » Un médecin compétent tiendra compte du contexte.
  3. Analyse des résultats : Vous avez reçu un formulaire avec des chiffres « en rouge » ?
    • Regardez la VS et les leucocytes. Légèrement au-dessus de la normale ? Probablement physiologique.
    • Regardez l’urine. Des globules rouges ? À 99 % de probabilité, c’est un défaut de prélèvement.
    • Regardez le CA-125. Élevé ? Oubliez ce chiffre et refaites le dosage dans 10 jours.
  4. Nouveau prélèvement : La période « propre » pour la plupart des analyses se situe entre le 7e et le 20e jour du cycle (pour un cycle standard de 28 jours).
  5. Assistant numérique : Téléchargez vos résultats sur Wizey AI. Cela vous aidera à structurer les données avant de consulter un spécialiste et à comprendre quels écarts sont critiques et lesquels ne sont que du « bruit ».

7. Erreurs fréquentes et mythes

L’obscurantisme règne ici en maître, et il faut le dissiper.

  • Mythe n°1 : « Pendant les règles, on ne peut pas faire un test VIH ou syphilis — il y aura un faux positif. »
    • Réalité : C’est totalement faux. Ces tests recherchent les anticorps ou les antigènes du pathogène. Les menstruations ne créent pas de protéines du virus de l’immunodéficience dans votre corps. Le résultat sera exact.
  • Mythe n°2 : « Le cholestérol fait des bonds spectaculaires. »
    • Réalité : Le profil lipidique est assez stable. De légères fluctuations sont possibles en raison de modifications de l’appétit (beaucoup de femmes sont attirées par le sucré et le gras en période prémenstruelle), mais le saignement en lui-même ne modifie pas le cholestérol.
  • Mythe n°3 : « Si on fait une prise de sang veineuse, le saignement va augmenter. »
    • Réalité : Le prélèvement de 20 à 30 ml de sang veineux n’affecte en rien le volume des pertes menstruelles. Ce sont des systèmes vasculaires différents et des mécanismes de régulation distincts.

8. Mini-FAQ

Q : Peut-on faire une échographie pelvienne pendant les règles ? R : En général non, le sang gêne la visualisation. Exception — les situations d’urgence ou les prescriptions spécifiques d’un médecin de la reproduction (on examine parfois au 2e-3e jour pour évaluer la réserve folliculaire).

Q : La prise d’antidouleurs (AINS) affecte-t-elle les analyses ces jours-là ? R : Oui ! L’ibuprofène, le nimésulide et le métamizole peuvent affecter la coagulation sanguine et les indicateurs hépatiques. Si vous avez pris un comprimé — prévenez le médecin.

Q : Peut-on faire des prélèvements PCR chez le gynécologue ? R : Absolument pas. Le sang menstruel est un inhibiteur de la réaction PCR (il interfère avec le fonctionnement des enzymes), et en plus il emporte le mucus du col de l’utérus, où vivent les bactéries. Le résultat sera faussement négatif.

Conclusion

Les menstruations ne sont pas une maladie, mais c’est un état physiologique particulier qui exige le respect des détails. La médecine moderne est précise, mais elle travaille avec le matériel que vous lui fournissez. En faisant une NFS ou une analyse d’urine en plein milieu du cycle, vous ajoutez volontairement des inconnues à l’équation qui compliquent la tâche tant pour vous que pour le médecin.

La règle principale : bilans de routine — en période « sèche ». Hormones — strictement selon les jours du cycle. Situations d’urgence — on fait le prélèvement immédiatement et on tient compte du contexte. Ces recommandations restent pleinement d’actualité début 2026, et aucune directive majeure de laboratoire n’a modifié le calendrier de dosage des hormones en fonction du jour du cycle.

Pour ne pas vous perdre dans ces nuances et ne pas googler chaque indicateur en panique, utilisez les outils modernes. Téléchargez vos résultats sur Wizey AI. Le système vous aidera à comprendre les relations entre les données, à filtrer les résultats faussés par la physiologie et à formuler les bonnes questions pour un rendez-vous en face à face avec votre médecin. Ce n’est pas un remplacement du médecin, mais c’est votre traducteur intelligent du langage des chiffres vers le langage humain.

Prenez soin de votre santé et soyez actrice éclairée de votre corps !

Revue medicale

Ces informations sont fournies a titre educatif uniquement et ne se substituent pas a un avis medical professionnel, a un diagnostic ou a un traitement. Consultez toujours un professionnel de sante qualifie.

Dr. Aigerim Bissenova

Directrice médicale, Médecine interne

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