💇♀️ Vous perdez vos cheveux par poignées ? Ces analyses de sang peuvent révéler la vraie cause
Vous passez la main dans vos cheveux et une poignée inquiétante vous reste entre les doigts. Vous constatez une quantité alarmante de cheveux dans votre brosse ou dans le siphon de la douche. C’est une expérience éprouvante, mais avant de paniquer, il est important de comprendre ce qui se passe.
Vos cheveux sont un baromètre sensible de votre santé interne. Quand ils commencent à tomber de manière excessive, ce n’est pas la maladie en soi, mais un signal. Votre mission est de décoder ce signal, non pas avec des shampoings miracles, mais avec des données objectives issues d’analyses de sang.
Carence en fer : l’ennemi invisible de vos cheveux
En résumé : Le plus souvent, une chute de cheveux excessive est liée à un déficit des réserves en fer de votre organisme. Le marqueur clé ici n’est pas l’hémoglobine, mais la ferritine. Cette protéine fait office d’entrepôt de fer de votre corps. Quand les réserves sont basses, l’organisme réduit les fonctions « non essentielles », et la croissance capillaire est l’une des premières à être sacrifiée.
Pourquoi la ferritine chute :
- Apport insuffisant : Un régime pauvre en viande rouge ou en autres sources de fer héminique facilement absorbable est un facteur majeur.
- Perte de sang chronique : Chez les femmes, les règles abondantes sont une cause majeure et souvent sous-estimée de la déplétion en fer.
- Mauvaise absorption : Vous pouvez manger tous les steaks que vous voulez, mais si vous souffrez de troubles intestinaux comme la maladie cœliaque ou d’une faible acidité gastrique, vous n’absorberez pas le fer efficacement.
- Demande accrue : La grossesse, l’entraînement sportif intense et les périodes de croissance rapide augmentent les besoins en fer de l’organisme.
Ce qu’il faut surveiller : Les valeurs de référence de la ferritine sont notoirement larges. Pour la santé capillaire, « normal » ne suffit pas ; vous avez besoin d’un niveau « optimal ».
- Signal d’alarme : Un taux de ferritine inférieur à 30 ng/mL constitue un déficit majeur qui aura presque certainement un impact sur vos cheveux.
- Optimal pour la santé capillaire : La plupart des trichologues et médecins fonctionnels visent un taux de ferritine d’au moins 50-70 ng/mL.
Hormones thyroïdiennes : quand le chef d’orchestre est désaccordé
En résumé : Votre thyroïde est le chef d’orchestre de votre métabolisme. Quand elle est en sous-régime (hypothyroïdie), chaque processus de votre organisme ralentit, y compris le cycle de croissance des cheveux. Les cheveux deviennent secs, cassants et tombent de manière diffuse sur tout le cuir chevelu.
Pourquoi la thyroïde ralentit : La cause la plus fréquente est la thyroïdite de Hashimoto, une maladie auto-immune dans laquelle le système immunitaire attaque la thyroïde. Parmi les autres causes figurent la carence en iode et la thyroïdite du post-partum.
Ce qu’il faut surveiller : L’examen de dépistage principal est la TSH (thyréostimuline). Quand la thyroïde est paresseuse, l’hypophyse « crie » après elle en libérant davantage de TSH.
- Consultez un endocrinologue : Une TSH supérieure à 4,0 mUI/L justifie un bilan médical. De nombreux médecins considèrent qu’une TSH supérieure à 2,5 mUI/L est sous-optimale, surtout si vous présentez des symptômes comme la fatigue, la prise de poids et la chute de cheveux.
Hormones du stress : la connexion cortisol
En résumé : Le stress chronique, qu’il soit physique ou émotionnel, entraîne des niveaux prolongés élevés de cortisol. Cela met votre corps en « mode survie », et les fonctions « de luxe » comme une croissance capillaire robuste sont mises en pause. Le résultat, généralement 2 à 4 mois après un stress majeur, est un épisode de chute massive appelé effluvium télogène.
Quels sont les déclencheurs ?
- Stress émotionnel : Divorce, perte d’emploi, deuil.
- Stress physique : Maladie grave (surtout avec forte fièvre, comme le COVID-19), chirurgie, accouchement.
- Stress lié au mode de vie : Privation chronique de sommeil, surentraînement ou régime draconien.
Hormones sexuelles : le facteur androgénétique
Il s’agit d’un type différent de chute de cheveux, connu sous le nom d’alopécie androgénétique ou calvitie. Au lieu d’une chute diffuse, on observe un amincissement au niveau de la raie et de la couronne. Elle est causée par une sensibilité génétique des follicules pileux aux hormones masculines (androgènes).
Quand faire un bilan : Si votre chute de cheveux correspond à ce schéma, et surtout si vous présentez d’autres signes de déséquilibre hormonal comme l’acné ou des règles irrégulières, un bilan hormonal s’impose.
Votre plan d’action contre la chute de cheveux
- Ne paniquez pas. Le stress lié à la chute de cheveux ne fait qu’empirer la situation. La plupart des cas sont réversibles une fois la cause sous-jacente identifiée et traitée.
- Commencez par un bilan sanguin de base. Les analyses les plus informatives en première intention sont :
- Numération formule sanguine (NFS)
- Ferritine
- TSH
- Consultez un médecin. Commencez par votre médecin traitant. Il pourra interpréter vos premiers résultats et vous orienter vers le spécialiste approprié, qu’il s’agisse d’un endocrinologue, d’un gynécologue ou d’un dermatologue.
- Soyez patient(e). La repousse des cheveux est un processus lent. Il peut falloir 3 à 6 mois après la correction du problème sous-jacent pour constater une amélioration notable de la chute et une nouvelle pousse. En 2026, les recommandations de consensus en dermatologie préconisent désormais de doser à la fois la ferritine et la vitamine D dans le bilan initial de chute de cheveux, car la double carence est plus fréquente qu’on ne le pensait.